Violet Evergarden

Violet Evergarden est une Auto Memories Doll, un être capable de sonder l’esprit d’une personne afin de retrouver un souvenir bien précis. Elle propose ses services à divers clients qui souhaitent retrouver des souvenirs perdus dans leur mémoire.

Titre Original : Violet Evergarden
Titre Français : Violet Evergarden
Auteur : AKATSUKI Kana
Réalisateur : FUJITA Haruka
Durée : 13 x 25 minutes
Année de Parution : 2018
Studio : Kyoto Animation

Violet Evergarden part d’une idée de base attrayante – celle de voyager à travers un monde alternatif pour écrire des lettres, et ainsi récolter des fragments d’histoires – en cela qu’elle peut donner lieu à un titre à la fois passionnant et émouvant, selon ses qualités d’écriture et ce que l’anime choisit de raconter. Néanmoins, le résultat peine à proposer des récits réellement mémorables, et je ressors déçu de cette expérience.

Techniquement, c’est du KyoAni, donc c’est réussi. L’animation, le travail sur les couleurs, les décors, tout cela est splendide et dénote du savoir-faire du studio. Rien à redire sur la forme.

Mais le fond me pose déjà plus problème. Le monde lui-même est intéressant, c’est agréable de voir la technique de KyoAni mise au service de son architecture ou de sa mode vestimentaire du moment ; cela change des environnements lycéens, ou à défaut du Japon contemporain. Toutefois, je ne suis pas convaincu par sa cohérence. Les services postaux existeraient car la majorité des habitants ne savent pas écrire, mais jamais la question ne se pose de savoir si le destinataire sait lire ; ne connaissant pas les réalités de l’illettrisme, j’ignore à quel point cette situation est crédible ou non. Les poupées paraissent finalement avant tout là pour retranscrire les sentiments de leurs commanditaires sous la forme de lettres ; c’est donc plus une question d’expression, d’éloquence, que d’écriture. De plus, les services des poupées sont apparemment suffisamment chers pour justifier d’envoyer deux d’entre elles au fin fond de la campagne juste pour une commande.

Surtout, cela reste globalement niais, surtout dans sa première partie. Niais niveau Clannad dans ce que cette série pouvait avoir de plus niais. Je sais que je n’ai pas d’amour, mais voir l’héroïne répéter sans cesse qu’elle veut comprendre la signification des mots « je t’aime », et que c’est son seul but dans l’existence, c’est plus ridicule que réellement mignon. Jusqu’à présent, les histoires individuelles font rarement mieux, avec certes quelques moments touchants, mais cela ne vole décidément pas bien haut. Et envoyer Violet régler un problème diplomatique majeur dès l’épisode 5 alors qu’elle est toujours incapable de comprendre les sentiments d’autrui, c’est une manœuvre totalement irresponsable qui traduit une nouvelle fois la naïveté de l’intrigue.

Dans la seconde partie, une fois que l’héroïne a enfin accepté qu’elle ne reverra plus son major, cette naïveté se trouve supplantée par le côté larmoyant de la série. Mais à l’instar de l’aspect naïf du début, il s’agit d’un larmoyant de type Clannad, artificiel et avec un réalisateur qui brandit des panneaux « c’est là que tu dois pleurer » aux moments stratégiques. Compte-tenu de l’excellente réputation de la série, je suppose que cela a fonctionné sur de nombreux spectateurs. Pour ma part, cela aurait plutôt l’effet inverse. Ou, plus exactement, l’anime souffre de trop de lacunes pour que j’accepte de me laisser entrainer.

L’épisode 10 est représentatif des défauts de Violet Evergarden. Oui, la fin est touchante. Mais pour en arriver là, il aura fallu supporter un rythme d’autant plus lent que la chute se voit venir depuis l’autre côté d’un terrain de foot de Captain Tsubasa. Nous avons tout l’épisode pour nous y préparer, puisque la gamine est bien la seule qui ne se doute pas de comment tout cela va se finir. Seulement, la série est déconseillée aux personnes de moins de 15 ans par le diffuseur, donc elle ne touchera pas les seules qu’elle arriverait à surprendre avec ce procédé.

Pourtant, il se s’agit certainement pas d’un mauvais anime. Loin de là. Ses images flattent la rétine, il se laisse suivre et propose même quelques rares moments mémorables. Mais il s’agit surtout d’une coquille vide, d’un bel enrobage qui n’a rien de bien fabuleux à raconter.

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