Honey Bunny

C’est l’histoire de Chiyo et de son camarade Tsubaki, qui, malgré son mauvais caractère et ses façons de faire peu galantes, est le rêve de toutes les filles de l’école, Chiyo comprise. Mais elle le hait pour la façon dont il la traite. Ainsi, un jour, elle fait le voeu qu’il disparaisse. Dans un certain sens, elle est exaucée, quand un extraterrestre fait un atterrissage forcé sur Terre, et, pour survivre, emprunte le corps de Tsubaki. Après un instant d’incrédulité, Chiyo doit se rendre à l’évidence : non seulement Tsubaki-alien est plus sympathique, mais en plus, il semble être fou d’amour pour la jeune fille.

Titre Original : Honey Bunny
Titre Français : Honey Bunny
Auteur : IKUEMI Ryô
nbr. volumes en France : 2
nbr. volumes au Japon : 2
Année de Parution :
Editeur : Panini Comics

Chiyo est amoureuse de Tsubaki, le beau-gosse de service, mais souffre de devoir supporter au quotidien sa personnalité froide et manipulatrice, l’individu enchainant les conquêtes et considérant notre héroïne avec mépris. Jusqu’au jour où un extra-terrestre prend possession du corps de Tsubaki ; dès lors, les deux vont se partager un même corps.

Quelques mots sur l’édition pour commencer : elle n’est vraiment pas terrible, avec des textes effacées par un stagiaire, quelques phrases illisibles car ne ressortant pas suffisamment par rapport à l’arrière-plan, ou une traduction plus que perfectible. Un dialogue en particulier me fait penser que les deux personnalités utilisent un niveau de langage différent, puisque l’héroïne arrive à les différencier grâce à un simple « je suis » ; or, ce n’est absolument pas rendu, la traduction est sans saveur et ne cherche absolument pas à reproduire les subtilités d’origine, et le dialogue en question n’a de sens que si nous déduisons qu’est-ce qui en VO a pu mettre la puce à l’oreille de l’héroïne.

Typiquement, il s’agit d’un titre que je n’aurais pas lu s’il n’était le fait d’une mangaka que j’apprécie. Tout simplement car, avant l’irruption de l’élément fantastique, cette série raconte l’histoire d’une fille amoureuse d’un garçon à l’apparence certes agréable, mais qui se comporte comme le dernier des connards : froid, prétentieux, coureur, il se montre d’une rare méchanceté envers une Chiyo qui peut s’avérer flippante à sa façon, mais foncièrement positive. A tel point que, dans un éclair de lucidité, elle en vient à souhaiter sa mort. Mais juste un instant, il ne faut pas déconner. J’ai beaucoup de mal à saisir un tel comportement.

Le manga est conçu en deux tomes, et j’ai trouvé qu’ils abordaient chacun une approche différente. C’est après avoir prié pour qu’il disparaisse que Tsubaki va se faire posséder par un E.T. au nom imprononçable, et à la personnalité diamétralement opposée à celle de son hôte. Sauf qu’il s’agit d’une cohabitation, et que les deux prennent le contrôle chacun à leur tour, sans que l’original n’ait vraiment conscience du phénomène ; il se réveille juste dans des endroits et des situations incongrus, sans comprendre ce qui se passe, sans souvenir, et apparemment, la clé du mystère est détenue par une Chiyo qui lui parait encore plus étrange qu’auparavant. Chiyo, quant à elle, est donc la seule au courant de cette situation, enchainant les phases amicales – et plus si affinités – avec l’alien, et celles beaucoup plus stressantes avec l’original. Bien vite, elle tombe amoureuse du premier, avec toutes les questions que cela peut engendrer. Le changement de personnalité incessant de Tsubaki, couplé à l’incompréhension de son entourage et aux problèmes de Chiyo, en font un titre lorgnant du côté de la comédie, voire du burlesque. Sauf que ce n’est pas drôle du tout, ce que nous allons comprendre progressivement, avant de basculer dans le second tome.

Car aussi imbu de sa personne qu’il soit, Tsubaki est un innocent qui n’a aucune idée de ce qui lui arrive, perdu, amnésique, et très perturbé par cette situation hors-norme. D’autant qu’il s’avérera assez vite qu’une personnalité va immanquablement en dévorer une autre, et que le parasite, amoureux de l’héroïne, ne compte pas gentiment abdiquer et retourner sur sa planète. L’histoire vire alors au drame, et j’estime que c’est vraiment à partir de ce moment que ce manga devient remarquable. Jusque-là, il s’agissait plus d’une gentille comédie amoureuse avec quelques quiproquos, pas désagréable mais loin d’être mémorable. Tandis que du moment où la mangaka traite la situation de Tsubaki comme une maladie, nous obligeant au passage à remettre en perspective tout ce qui s’est déroulé auparavant, cela devient forcément plus poignant, et elle excelle dans ce registre.

Malheureusement, le fait que la grosse première moitié du manga soit juste sympathique n’en fait pas un incontournable, loin de là. Une petite curiosité à trouver d’occasion pour pas cher – de toute façon, c’est en arrêt de commercialisation – oui, mais il ne faut pas en attendre plus. Par contre, j’ai été assez touché par Love Letter, histoire qui doit bien représenter un tiers du second tome, et qui nous parle d’anciens camarades de classe se retrouvant plusieurs années plus tard, dans une ambiance à la fois fantastique et mélancolique.

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