Duellistes – Knight of Flower

Depuis des générations, les membres du clan Kurono sont au service du consortium Ôtori. Et en tant que premier chevalier, Ran se doit d’en protéger la dernière héritière : la belle et mystérieuse Sei. Mais la tâche n’est pas aisée pour Ran, car au sein de l’académie Saint-Logres, d’autres lycéens sont prêts à tout pour prendre sa place ! Entre duels et manigances, Ran devra faire preuve de courage pour conserver son titre… tout en protégeant son secret le plus intime…

Titre Original : Hana no Kishi
Titre Français : Duellistes – Knight of Flower
Auteur : NISHIKATA Mai
nbr. volumes en France : 1
nbr. volumes au Japon : 5
Année de Parution : 2010
Editeur : Akata

En tant que lecteur de manga, je possède évidemment mes préférences, et notamment des genres, des styles, et des époques que je trouve sous-représentées, et que j’encourage les éditeurs à publier d’avantage, tout en ayant conscience des difficultés pour imposer les titres concernés sur le marché français. Donc quand Akata annonce une série issue du Hana to Yume, un de mes mangashi shôjo favoris, qui plus est sortant de la sempiternelle comédie romantique lycéenne dans laquelle semblent devoir s’enfermer les shôjo, il est bien entendu que je vais les soutenir.

Seulement, si Duellistes appartient à une catégorie que j’apprécie, c’est parce qu’au-delà de ses spécificités, j’ai eu l’occasion de lire de nombreux titres passionnants s’en réclamant. A contrario, ce n’est pas parce qu’un shôjo s’affranchit de la pure comédie romantique qu’il s’agira forcément d’une réussite. Duellistes ne le prouve malheureusement que trop bien.

Héritière manifeste de titres marquants comme Utena, la Fillette Révolutionnaire, La Rose de Versailles, ou Princesse Saphir (le nom japonais de l’un étant une référence manifeste au nom japonais de l’autre), cette série semble dans le même temps refuser d’assumer leur ambiguïté ou leur éventuel côté émancipateur, en présentant dès le premier chapitre l’héroïne comme inférieure au premier rôle masculin. Ce qui ne présage certes pas de l’évolution de l’histoire, mais ne donne certainement pas une bonne impression. D’autant plus que rien dans ce premier tome ne viendra réellement la remettre en question.

Au-delà de la question du personnage de Ran, j’ai globalement eu du mal à accrocher à l’univers, lequel ne possède pas (du moins au début) ce petit côté fantastique ou romanesque qui permettrait de crédibiliser un minimum cette histoire de duels entre héritiers de clans affiliés à la famille Ôtori. Il en va de même avec les protagonistes, et avec à priori douze duels à expédier en cinq volumes (et au minimum un match retour), je doute que l’autrice ait le temps de développer suffisamment chaque antagoniste.

Mais même sans aller dans une analyse poussée, je dois simplement me rendre à l’évidence : ce premier tome ne m’a absolument pas passionné. Qu’il s’agisse des protagonistes, de l’environnement, des combats, rien ne m’a spécialement intéressé, ou même donné envie de découvrir la suite. Duellistes a sans doute plus de personnalité que n’importe quel titre lambda, ne serait-ce que dans son style graphique, mais cela ne suffit pas à compenser ses autres faiblesses. J’aurais voulu y croire, j’aurais voulu soutenir l’initiative de publier un shôjo sortant à priori des standards actuels, mais je ne m’imagine pas non plus aller au bout d’un titre qui ne m’intéresse pas, uniquement car j’espère que le prochain sera mieux.

Cet article, publié dans Manga, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.