The Reflexion

La Réflexion. Un phénomène mondial qui provoqua la mort de milliers d’individus. Toutefois, certaines personnes survécurent à leur contact avec la Réflexion. Ceux-là commencèrent rapidement à développer d’étranges pouvoirs.

Titre Original : The Reflexion
Titre Français : The Reflexion
Auteur : LEE Stan & NAGAHAMA Hiroshi
Réalisateur : NAGAHAMA Hiroshi
Durée : 12 x 25 minutes
Année de Parution : 2017
Studio : Studio DEEN

Scénariste, cocréateur de nombreux personnages emblématiques du XXème Siècle, et ancien responsable de la maison d’édition Marvel Comics, Stan Lee reste encore aujourd’hui un des noms les plus prestigieux de l’industrie du comics. Il y a quelques années, à travers sa société de production, il se tourne vers le Japon. Le résultat : un manga passable coécrit avec Hiroyuki Takei (Ultimo) et un excellent anime sorti tout droit des studios Bones (Heroman). En 2017, il nous revient avec The Reflexion, cette fois aux côtés du Studio DEEN.
Evidemment, il est toujours difficile de connaitre son implication réelle sur de telles projets. A plus de 90 ans et alors qu’il vient de perdre sa femme, après 70 ans de mariage, nous ne pourrions pas lui reprocher de ne servir que de prête-nom et de caméo. Pourtant, d’après le réalisateur de la série, il s’est réellement investi sur cet anime.

Pour autant, comme nous avons pu le voir avec Ultimo, une telle collaboration ne garantit ni la qualité ni le succès.
Si The Reflexion possède effectivement des atouts à faire valoir, ils se situent avant tout du côté de la technique. Pas de l’animation, qui s’avère rudimentaire, et que le studio doit parfois recycler en dépit du bon sens. La présence de Stan Lee, et le fait que l’histoire se déroule aux USA, donnent surtout l’occasion au studio d’expérimenter pour donner une patte « comics » à la direction artistique. Il en résulte des contours appuyés, de grands aplats de couleur, et un chara design sortant radicalement des canons de l’animation japonaise. Des choix esthétiques qui ont rebuté nombre d’habitués des productions nippones, mais qui en tant que lecteur de comics m’ont séduit et attisé ma curiosité. Cela change des habitudes et suffit à apporter à cet anime un cachet, une identité unique en son genre.

Seulement, en tant que lecteur de comics, je connais déjà l’histoire que nous raconte The Reflexion : celle des X-Men. Les « Reflected », ces personnes touchées par la Réflexion, vont développer des pouvoirs qui les mettront en marge de la société, provoqueront leur rejet et la haine de leurs concitoyens, quand ils ne se borneront pas à leur donner une apparence hideuse. Le tout avec une dose supplémentaire de manichéisme, puisque certains sont naturellement disposés à faire le mal, pour des raisons qui seront exposées dans la série. Indice : ce sont toujours les moches.
Globalement, le scénario apparait comme un point faible. Il met en scène quelques personnages charismatiques, mais peine à proposer un monde crédible – puisqu’il parait découvrir l’existence des Reflected plusieurs années après le phénomène, ce alors que la plupart ne passent pas inaperçu – ainsi qu’une intrigue logique et qui tient la route. La principale révélation, à la fin de la série, manque cruellement de crédibilité, et certains événements ne trouveront de toute façon aucune explication.

Un détail qui illustre bien l’impasse narrative de la série, ce sont les quatre héroïnes japonaises. Leur arrivée dans l’intrigue est annoncée très tôt, mais elles ne servent finalement pas à grand chose, sinon à promouvoir de façon tout sauf subtile un groupe de musique (celui qui interprète le très entrainant générique de fin).
Entre une animation particulièrement pauvre et un scénario mal écrit, The Reflexion déçoit sur la longueur malgré son identité graphique et quelques bons protagonistes.

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