Harley Quinn – Hot in the City

Harley part pour New-York ! Plus exactement à Coney Island, où l’attend un immeuble dont elle vient d’hériter. Mais, sur place, elle comprend bien vite que sa gestion ne sera pas aussi aisée qu’elle l’imaginait.

Titre Original : Harley Quinn – Hot in the City
Titre Français : Harley Quinn – Hot in the City
Auteur : Amanda Conner, Chad Hardin, Paul Mounts, Jimmy Palmiotti, Stephane Roux, Alex Sinclair
Année de Parution : 2014
Editeur : DC Comics

Je suis faible. En voyant que DC Comics lançait une série Harley Quinn, je n’ai pas pu m’empêcher d’en commander le premier TPB. Mais, une fois le livre en main, mes quelques doutes sur la pertinence de ce titre furent immédiatement levés, puisque nous retrouvons au scénario Amanda Conner et Jimmy Palmiotti (qui vient justement de clôturer son excellent travail sur All-Star Western), soit le couple le plus… J’allais dire le plus glamour du la BD américaine, mais nous parlons de scénaristes de comics (Amanda Conner est aussi une dessinatrice très douée), donc pour le glamour il faudra repasser.

L’album commence très fort, par un épisode #0 hallucinant, dans lequel les auteurs demandent à Harley de choisir un dessinateur pour ses aventures ; s’en suit une succession de pages décalées, chacune servie par un artiste différent : Dave Johnson, Darwyn Cooke, Bruce Timm, Dan Panosian, ils sont près d’une vingtaine à se relayer, je n’avais jamais vu ça. Avec quelques idées savoureuses et pointes d’humour acerbes, entrecoupées de bain d’hémoglobine, et grâce auxquelles nous apprenons qu’un sac contenant le salaire de Jim Lee est beaucoup plus lourd qu’un sac de sable.
Seulement, se pose d’entrée une question : il s’agit d’un délire psychotique de l’héroïne, ce qui l’autorise à faire n’importe quoi sans penser aux conséquences. Par la suite, je craignais que les auteurs mettent le frein sur le carnage et la violence gratuite, puisque même si Harley Quinn est une psychopathe sanguinaire, sa série n’en demeure pas moins un titre DC Comics, qui ne peut donc se permettre de tomber dans un gore trop extrême. D’autant que le personnage est populaire, et que la sortie prochaine de Suicide Squad au cinéma risque d’amener un public moins préparé à ce qu’il risque de lire. C’est le reproche que j’avais fait au nouveau comics de Suicide Squad : cela commence par un carnage, mais après, cela se calme énormément.

Les auteurs dissipent rapidement mes interrogations : Harley a le coup de massue – ou de n’importe quoi d’autre – facile, et va s’employer à envoyer à la morgue ou à l’usine de nourriture pour chien des hordes de quidam. A ceci près que la plupart le méritent, du moins à ses yeux ; ce qui en fait la membre de la plus proactive de la ligue de défense des animaux. En tout cas, il y a du sang, pas de soucis.

L’histoire commence lorsque Harley hérite des biens d’un de ses anciens patients. En l’occurrence, un immeuble à Coney Island, abritant un musée de cire et un spectacle de curiosités de foire ; autant dire un environnement dans lequel elle se sent à son aise, d’autant plus que les locataires sont au diapason. Seulement, elle se retrouve pourchassée par des chasseurs de primes, et doit reprendre ses activités médicales pour renflouer ses caisses.

Pour faire court, c’est du grand délire. Harley s’amuse, profite de la vie, massacre ses poursuivants, aide ses patients, pratique des sports extrêmes, adopte de petits animaux, et rejoue des scènes de film – où elle tire la première, mais avec une fourchette – avec un sens des priorités et une logique qui n’appartiennent qu’à elle. Cela vire souvent au grand-guignol, et il arrive que trop de Harley Quinn tue la Harley Quinn. Mais c’est fait avec une telle débauche d’énergie, et avec un sens de la surprise suffisamment bien rodé, pour proposer un divertissement sortant des sentiers battus et disposant d’un humour globalement efficace (certains passages m’ont fait exploser de rire).

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